Le jeu libre

Des touts petits riens qui font de grands apprentissages !

Bien souvent, si on observe bien l'enfant on peut se rendre compte à quel point des petites choses ont beaucoup de valeur pour lui, par rapport à là où il en est de sa compréhension du monde :

* un bébé de 3 mois allongé sur le dos et qui bascule en appuyant sur son coude découvre qu’il a une prise sur le monde, qu’il peut guider un mouvement (apprentissage de son enveloppe corporelle),

 

​* un bébé de 8 mois qui expérimente la manière dont il peut faire disparaître une balle en la mettant dans une bassine fait l’expérience de la permanence de l’objet, etc....

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En prenant le temps d’observer, nous pouvons assez facilement identifier ces petites choses. Souvent, si on les laisse faire, les bébés entreprennent ces activités de manière très organisée et font preuve d’une grande concentration que l’on peut repérer facilement. Les bébés sont de vrais petits scientifiques !

 

Jusqu’à un âge assez avancé, on peut même dire que la totalité des moments de « jeu » sont des moments d’expérimentation pour les enfants, où ils construisent, puis affinent leur perception du monde. 

Pour les plus sceptiques face à cette idée d’autonomie dans le jeu, il existe de plus en plus d’écrits et d’études qui démontrent que c’est une des clés pour que l’enfant se dote de bases solides qui l’aideront plus tard dans ses apprentissages plus scolaires. Rien que leur capacité de concentration qu’ils développent tout petit en jouant seul est un acquis considérable pour leur future vie d’élève, puis d'adulte.

Les bonnes conditions du jeu libre

         => le jeu libre, n’a de sens que si par ailleurs, le bébé est en relation avec le monde et les adultes qui l’entourent. Préserver des moments d’autonomie dans le jeu de l'enfant ne veut pas dire qu’à d’autres moments on ne peut pas jouer ni rire avec lui. Cela veut juste dire que de temps en temps, dans la journée les moments où l’enfant découvre par lui même sont aussi importants que les moments de soin, de câlins et d’échanges avec les parents ou les adultes qui prennent soin d'eux.

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         => le jeu libre est uniquement possible si l’enfant est placé dans un environnement sécurisé, sans danger pour lui. Il n’est pas question de le laisser faire n’importe quoi  !

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         => le jeu libre s’appuie sur des jeux simples, souvent ceux qui n’ont qu’une seule fonction (exemple : des boites, des caisses, des bassines, des balles de toutes tailles, etc).

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         => le jeu libre est possible lorsque les objets proposés aux enfants sont variés et à sa disposition (placés à des endroits accessibles pour lui). La stimulation est conditionnée par la rencontre entre un objet et la volonté de l’enfant à un instant T. Le matin l'enfant pourra avoir envie de tester sa force et l’après midi de tester les sons alors qu’hier il était passionné par les encastrements et la taille des objets !

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       => le jeu libre dépend de la capacité de l’adulte à ne pas systématiquement intervenir.  Il faut veiller à ne pas le dessaisir du jeu qu’il est en train d’élaborer. C’est important qu’il reste acteur de son jeu. On le voit jouer sur la cuisinière en pensant qu’il joue à cuisiner, alors qu’en fait il est en train de tester sa force en déplaçant les objets…

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        => le jeu libre doit rester une occasion d’échange avec l'enfant. Sans intervenir trop vite ou trop souvent, on peut tout à fait avoir envie de mettre en mots ce que l’enfant est en train d’expérimenter (en décrivant ce l’on voit), cela renforce son sentiment de compétence !

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En résumé, l'idée essentielle est donc de ne pas aller trop vite : laissons-les faire ! C’est le plus sûr moyen pour qu’ils s’éveillent au monde en douceur, à leur rythme, et de manière épanouie.

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